Le français au Québec est-il réellement en danger ?

Français au Canada
Français au Canada

Le français au Québec est en déclin ! Charles Castonguay, dans son livre récemment publié “le français en chute libre”, relance le débat.

Ces dernières années, le Québec a énormément fait parler de lui concernant son recrutement massif de travailleurs. Avec environ 50 000 migrants par an, dont la majeur partie anglicisés, le futur de la francophonie semble à nouveau au centre des préoccupations des francophones séjournant au Québec.

Sujet qui n’est pas une nouveauté puisque une enquête destinée au ministère du Patrimoine datant de 2015 affirmait que près des trois quarts des habitants francophones semblent inquiets quant à l’avenir du français au Canada.

Toutefois il semblerait que certains chiffres sur la baisse du français et la croissance de l’anglais ont été surestimés par l’agence Statistique Canada en 2017.
Sans oublier le fait, et cela semble indéniable, que le bilinguisme offre des opportunités.

Alors, le français au Québec est-il réellement en danger ? 

 

Français au Canada
Français au Canada

Le français au Québec en chute libre ?

Charles Castonguay est un sociologue canadien qui vient de publier “le français en chute libre”. Interrogé par le média francophone TV5Monde ce dernier indique, chiffres à l’appui, que le francais est en déclin.

Le français chute sous les 80% en poids de la langue maternelle

D’ apres l’article TV5MOnde (Quel avenir pour la langue francaise ?), Charles Castonguay avance :
« Sur le plan démographique on constate, depuis le début du 21e siècle, un déclin à une vitesse jamais vue dans l’histoire des recensements du poids du français, tant en ce qui concerne la langue maternelle que la langue parlée plus souvent à la maison. C’est un déclin extrêmement rapide en l’espace de seulement 15 ans.”
“Si on regarde le poids de la population selon la langue maternelle, le français a chuté sous les 80% pour la première fois depuis que l’on pose cette question, soit depuis 1901, donc pendant un siècle, le poids de la majorité de la langue maternelle française s’est maintenu au-dessus des 80% et là, ça a plongé à 78% au dernier recensement, et tout indique que cela va se poursuivre”.

70% des francophones pensent que le français au Québec est en danger

En dépit des efforts réalisés par le gouvernement québécois afin de réimplanter la langue française dans les PME, les résidents francophones se disent inquiets de l’avenir du français au Canada.

Certes, nous parlons d’une minorité, puisque l’enquête a été menée sur 1501 individus, sondés au Canada en 2015. Cependant, les trois quarts semblent soucieux de l’avenir du français.

 

Paysage hivernal au Canada
Paysage hivernal au Canada
 

70 % des francophones pensent que le français est en danger au Québec. C’est le cas dans la ville d’Ottawa qui devrait cependant être en mesure d’assurer la protection du bilinguisme dans tout le pays.

Les résultats du sondage stipulent également que près de 95 % des francophones souhaitent que les futurs diplômés aient « connaissance pratique » de la langue française et de l’anglais. On revient sur la question du bilinguisme plus tard dans l’article.


Le recul du français au Québec surestimé par l’agence Statistique Canada ?

Des statistique sur l’usage du français rectifiées favorablement en 2017

Mis en avant par lefigaro, l’agence Statistique Canada a effectivement rectifié son rapport sur la situation linguistique au Québec en 2017.

De ce fait, les chiffres concernant l’usage du français au Québec dans la sphère privée et familiale ont légèrement été modifiés.

Conclusion, le recul du français et la croissance de l’anglais ont été surestimés.
 

Le français au Québec
Le français au Québec
 

Le français au Québec comme langue d’usage est en baisse 

L’agence Statistique Canada a révisé son dernier rapport sur le français au Québec.

Effectivement, sa dernière analyse a identifié à tort près de 55 000 individus supposés avoir comme langue d’usage l’anglais.

Au lieu de 78,4 % en 2016, annoncé dans le précédent rapport, les chiffres passent donc à 79,1 % en 2016, selon le nouveau rapport.

Mais il semblerait qu’il garde sa position dans la sphère privée…

Mais le français au Québec ne semble pas pour autant avoir diminué, notamment dans la sphère privée.

Au contraire, le français est en hausse avec 87,1 % en 2016 contre 87 % en 2011.

À la maison, une baisse a cependant été constatée en ce qui concerne l’usage unique de la langue française.

En effet, 72,8 % des Québécois privilégiaient la langue de Molière au foyer en 2011 contre 71,2 % en 2016.

…tout comme l’anglais qui se stabilise pour plus de bilinguisme  

Les données communiquées par l’agence Statistique Québec semblent également avoir été modifiées. Comme le français au Québec, la langue anglaise est en hausse au foyer. Celle-ci est passée de 19,2 % en 2016 contre 18,3 % 5 ans plus tôt.

Le même cas se présente dans la sphère privée. Une petite baisse a aussi été constatée. Les Québécois privilégiant la langue de Shakespeare dans le domaine privé sont passés de 6 % en 2016 contre 6,2 % en 2011.

Notons que 44,5 % de la population est concernée par le bilinguisme français-anglais.

Mais qu’en est-il des autres langues ?

 
 

Le Château Frontenac situé dans le Vieux-Québec et surplombant le fleuve Saint-Laurent
Le Château Frontenac situé dans le Vieux-Québec et surplombant le fleuve Saint-Laurent

La dualité linguistique serait aussi un atout ?

Le français : 5ème langue la plus parlée dans le monde et 3ème langue des affaires

Malgré cette divergence d’opinions entre les francophones et les anglophones qui, soit dit en passant, sont près de 34 % à envisager un avenir prospère du français au Québec.

Et il est vrai que dans un environnement international qui s’anglicise, le français 5ème langue la plus parlée dans le monde et 3ème langue des affaires ainsi que la culture française sont des atouts.

Le français au Québec connaîtra sûrement des jours meilleurs dans les années à venir.

 

La nature au Canada
La nature au Canada
 

Le bilinguisme comme “liant identitaire”

Car si les avis divergent, chacun accepte cependant l’idée que cette dualité linguistique est un avantage indéniable dans le secteur de l’emploi.

Le rapport publié sur le journal Le Devoir assure que 80 % des personnes sondées sont d’accord sur ce point.

Selon eux, le bilinguisme joue le rôle de « liant identitaire ». L’usage du français au Québec et de l’anglais est une manière de faciliter le dialogue entre chaque Canadien.

L’arabe une troisième langue migrante en hausse au Canada ?

Pendant que les anglophones et francophones luttent pour la première place, une troisième langue commence à sortir du lot.

Effectivement, du côté des langues immigrantes, c’est l’arabe qui occupe actuellement la première place.

Les statistiques affirment que, par rapport à 2011, 213 055 individus communiquent actuellement en arabe à la maison, soit une hausse de 23,7 %.

Cette hausse ne semble cependant pas encore faire de l’ombre au français au Québec qui espère accroître sa notoriété depuis que le Canada sollicite de nouveaux travailleurs francophones.

Et vous que pensez-vous de la situation du français au Québec ?
 

2 commentaires
    1. Effectivement, chaque jour de grands efforts sont entrepris au Canada pour sauvegarder et promouvoir la langue française. Quelle que soit la province, des organismes permettent la sauvegarde du français en milieu francophone minoritaire. Il ne faut pas oublier nos cousins Wallons, Cajuns et Romands qui se battent également tous les jours pour notre belle langue 🙂

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