75 langues régionales “minoritaires” en France

Langues Régionales : le basque
Langues Régionales : le basque à Biarritz au Pays-Basque © DR

Des langues régionales en France ? Et oui, lorsque vous partez en voyage dans un territoire français, il est possible que le “parlé” local diffère un peu du français classique tel qu’on le connaît. On parle plus exactement de “langue régionale” ou “langue minoritaire”. Le rapport Cerquiglini de 1999 dénombre 75 langues régionales et minoritaires en France métropolitaine et d’outre-mer. Qui est Cerquiglini ? Que signifie l’expression langues régionales ? Quelle est laliste des 75 langues régionalesparlées par des ressortissants français sur le territoire de la République Française ?

Découverte de quelques les langues régionales de France
Découverte de quelques les langues régionales de France © DR

75 langues régionales recensées par B. Cerquiglini

Né à Lyon en 1947 Bernard Cerquiglini est un linguiste français. Diplômé de la prestigieuse Ecole normale, il est maintenant professeur de linguistique à l’Université de Paris.
C’est l’auteur de plusieurs dizaines de publications, d’ouvrages collectifs et autres écrits sur la langue française. En 1999 il publie le rapport qui nous intéresse, “Les Langues de la France”, pour le Ministre de l’Education nationale, de la recherche et de la technologie.

Langues régionales : Rapport Cerquiglini 1999
En tête du rapport Cerquiglini 1999 “Les Langues de France” © DR

Le verdict tombe sur un des piliers de la culture française. Cerquiglini recense 75 langues régionales et minoritaires en France métropolitaine et d’outre-mer. Selon la définition de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

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Que signifie l’expression langues régionales ou minoritaires ?

Si l’objectif de la Charte européenne est principalement d’ordre culturel, l’expression “langues régionales ou minoritaires” est toutefois soumise à quelques critères. Sont considérées les langues :

  • Pratiquées traditionnellement sur un territoire d’un Etat par les ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur à la population de cet Etat ; et
  • Différentes de la ou les langue(s) officielle(s) de cet Etat ; et qui n’incluent ni les dialectes de la ou les langue(s) officielle(s) de cet Etat, ni les langues des migrants.

C’est un peu plus claire, mais toujours assez vague. On continue d’investiguer….

Quels critères pour comptabiliser ces langues régionales ?

Légitimement, vous vous posez peut-être la question : que se cache-t-il derrière ces critères ? On a donc essayé d’en faire un rapide résumé pour vous. D’après notre compréhension, voici comment ces 4 critères s’interprètent :

1. Ressortissant vs. Migrants : “La Charte ne traite pas la situation des nouvelles langues, souvent non européennes, qui ont pu apparaître dans les États signataires par suite des récents flux migratoires à motivation souvent économique”. Dans le cas de la République Française qui reconnait le droit du sol, cela pose la question des secondes générations d’immigrés, non ?

2. Traditionnellement : “Le texte concerne les langue régionales ou minoritaires pratiqués “traditionnellement” ; on dit aussi “historiques”. Là encore ce n’est pas évident de bien différencier ce qui doit ou ne doit pas être comptabilisé. Mais avançons.

3. Territoire : “par “territoire dans lequel une langue régionale ou minoritaire est pratiquée” on entend l’aire géographique dans laquelle cette langue est le mode d’expression d’un nombre de personnes”. Ce point semble plus abordable que les autres.

4. Les dialectes de la langue officielle : “les variétés de la langue officielle ne sont pas du ressort d’un texte qui entend protéger les langues minoritaires, rendues précaires par l’extension, le rayonnement et l’officialisation de cette langue. Il convient donc de préciser la situation dialectale du français “national et standard”. Là c’est très compliqué, on s’attendait à quelque chose de plus simple mais l’auteur introduit deux notions supplémentaires “national” et “standard”.

75 langues régionales au patrimoine linguistique de France

Le créole français parlé par plus d’1 million de personnes

D’après le rapport, le Créole à base lexicale française est sans doute la plus vivante des langues régionales.Essentiellement parlée (maternellement) par plus d’un million de personnes. Toutefois peu de statistiques semblent disponibles pour comptabiliser avec précision.

Langues Régionales : arborescence des créoles français
Arborescence des créoles français © DR

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Le breton parlé par moins de 5% de la population française

On estime à moins de 5% de la population française le nombre de locuteurs bretons. Cette langue régionale est de moins en moins parlée aujourd’hui, et l’UNESCO la classe même parmi les langues en danger.

Langue Régionale : le breton
le breton parlé par moins de 5% de la population française

Si vous prévoyez des vacances en côtes d’Armor, le breton pourrait vous être utile.
Comme son nom l’indique, le breton est la langue parlée dans la région Bretagne, c’est-à-dire dans la partie nord-ouest de la France, du côté de Rennes sa capitale mais surtout de Vannes à St-Brieuc. Il s’agit d’une langue d’origine celtes et qui figure parmi les langues celtiques du nord-ouest de l’Europe.

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Le basque, parmi les langues régionales de France avec moins de 100 000 locuteurs

On estime le nombre de locuteurs basques compris entre 50 000 et 100 000 personnes. Cette dernière est d’ailleurs reconnue comme langue officielle par la communauté autonome du Pays Basque.

Langues Régionales : le basque
Biarritz au coeur du Pays-Basque © DR

Le basque est une langue parlée sur le territoire éponyme, le Pays basque, du côté ouest des Pyrénées-Atlantiques. Sa grande particularité réside au fait qu’elle n’est rattachée à aucune famille linguistique connue, d’où son qualificatif de « langue isolée ». Malgré cela, le basque reste une langue chère aux yeux de ceux qui habitent autour de la frontière franco-espagnole.

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Le corse parlé par environ 50 000 personnes sur l’île de beauté

En plus de l’ensemble de la Corse où la langue y est parlée de manière générale, le corse est aussi utilisé dans la partie nord de la Sardaigne (île italienne en mer Méditerranée). On estime le nombre de locuteurs corses supérieur à 50 000 personnes.

Le Corse une langue régionale
Calvi au nord de la Corse

Parmi les langues régionales de France les plus connues, on cite également le corse. Si vous avez déjà passé vos vacances à Ajaccio ou à Bastia, vous avez sans doute déjà entendu ce parlé assez particulier. La langue corse est une langue d’origine romane. Ceci explique ses quelques similitudes avec les langues régionales du centre de l’Italie, le sarde et la langue sicilienne.

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L’occitan, la langue d’Oc

Egalement appelé Langue d’oc, l’occitan est utilisé dans la partie sud de la France, c’est-à-dire de la région Occitanie jusqu’à la Côte d’Azur. La langue est surtout connue pour sa grande valeur littéraire en France et en Europe. Elle tenait une place importante autrefois, au Moyen-âge, en tant que langue administrative et juridique.

Au travers du temps l’occitan s’est décliné en plusieurs variations. Les sources et les avis divergent mais on y retrouve des racines communes avec le provençal, le gascon, le limousin ou encore le languedocien. Il se dit même que le catalan moderne est resté extrêmement proche. Voir la liste des langues recensées sous l’étiquette “occitan” ci-dessous.

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75 langues régionales parlées par des ressortissants français sur le territoire de la République Française

75 langues parlées sur le territoire de la République Française
75 langues régionales parlées par des ressortissants français sur le territoire de la République Française © Toploc

Quelques notes s’ajoutent à cette liste constituée par l’équipe de Toploc à partir du rapport Cerquiglini :

  1. L’occitan : le gascon, le languedocien, le provençal, l’auvergnat-limousin et l’ alpin-dauphinois
  2. Les langues d’oïl : franc-comtois, wallon, picard, normand, gallo, poitevinsaintongeais, bourguignon-morvandiau, lorrain.
  3. Les créoles à base lexicale française : martiniquais, guadeloupéen, guyanais, réunionnais.
  4. Les créoles bushinenge (à base lexicale anglo-portugaise) de Guyane : saramaca, aluku, njuka, paramaca
  5. Les langues amérindiennes de Guyane : galibi (ou kalina), wayana, palikur, arawak proprement dit (ou lokono), wayampi, émerillon.
  6. Les 28 langues kanak : nyelâyu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fwâi, pije, pwaamei, pwapwâ, dialectes de la région de Voh-Koné, cèmuhî, paicî, ajië, arhâ, arhö, ôrôwe, neku, sîchë, tîrî, xârâcùù, xârâgùrè, drubéa, numèè.

En résumé, que faut-il retenir des langues régionales ?

  • C’est Bernard Cerquiglini qui en Avril 1999 publie le rapport “Les Langues de la France
  • La Charte européenne définit la notion de “langues régionales ou minoritaires”
  • C’est selon cette notion, accompagnée de quelques critères filtrants, que Cerquiglini conduira ses recherches
  • 4 filtres principaux permettent de constituer la liste finale : Ressortissant, Traditionnellement, Territoire, Dialecte de la langue officielle
  • 75 langues régionales sont parlées par des ressortissants français sur le territoire de la République Française

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9 commentaires
  1. Merci de parler de nos langues régionales mais je trouve qu’il y a beaucoup d’à-peu-près dans les termes utilisés, et même quelques erreurs.
    “Dialecte” n’est pas synonyme de “langue régionale”. Un dialecte c’est la forme locale d’une langue (une langue est généralement un ensemble de dialectes, puisque peu de langues restent identiques dans toutes les régions, quel que soit le pays). Donc utiliser le mot “dialecte” pour parler du basque, du breton, de l’occitan ou du corse, ça laisserait à penser que ce sont des dialectes du français, or ces langues n’ont rien à voir avec le français.
    Le breton n’est pas parlé du côté de Rennes ou Dinard, il n’est parlé que dans la moitié ouest de la Bretagne (en simplifiant beaucoup, il est parlé à l’ouest d’une ligne reliant Vannes à St-Brieuc). Ce n’est pas “un dialecte provenant des peuples celtes” : dialecte de quelle langue ? Le breton est une langue, point. Le mot “délaissé” ne convient pas tellement : en fait tout a été fait depuis la Révolution pour tuer cette langue, ainsi que toutes les autres langues régionales de France. On a fait subir aux gens un lavage de cerveau (principalement via l’école) pour qu’ils abandonnent leur langue et leur culture.
    “Langue isolée” n’est pas un “surnom” du basque, c’est le terme qu’on utilise en linguistique pour parler d’une langue qui n’a d’origine commune avec aucune autre langue connue…
    Le corse n’est pas non plus un “dialecte”.
    “L’occitan s’est décliné en plusieurs dialectes” : on peut dire ça comme ça mais ce n’est pas nouveau, ça fait des siècles. Le fait que le gascon soit un dialecte de l’occitan ou une langue distincte fait débat. En tout cas il est attesté bien avant le languedocien et a toujours été différent de lui… Le gascon est différent car il a été influencé par l’aquitain, l’ancêtre du basque, si on veut.

    1. Bonjour L. Merci pour votre contribution et vos précieux commentaires. Nous ferons de notre mieux pour y apporter nos corrections dans les prochains jours.

    2. Votre narration de l’histoire reste idéologique et néglige totalement les “forces sociales”. Toutes les pratiques de langue régionales françaises ont été affectées par le premier conflit mondial. Les paysans de toutes les régions sont allés se battre dans une armée dont les ordres étaient donné en français. Ceux qui sont revenus parlaient mieux français et avaient également développé un sentiment plus “national” autour de la pratique du français. Pour certains d’entre eux, la pratique du français a ouvert des opportunités économiques. L’apprentissage du français n’avait d’autrr but que d’offrir aux gamins une chance de profiter à leurs tours du développement économique porté par la langue et les valeurs française. Votre attitude victimaire est inappropriée et ignorante

      1. Velocifred merci pour votre commentaire.
        En revanche nous ne sommes pas totalement sûrs de suivre votre raisonnement ? Que voulez-vous dire ?

  2. Non, Rennes n’est pas bretonnante historiquement. Mais le nombre de locuteurs en breton de nos jours s’avère significatif du fait de la présence de filières scolaires mais aussi universitaires… Une carte moderne, du XXIe siècle, ferait apparaître quelques surprises : comme un certain progrès de la langue dans l’est du Morbihan ou à Rennes, Redon, Nantes… tandis que sa pratique continue de décroître autour de Brest ou Lorient…

    1. Bonjour Balafenn,
      Auriez-vous des statistiques ou sources pour que nous puissions enrichir l’article ?
      Merci !

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